Recadrage en six étapes : changer un comportement en respectant son intention
Vous vous étiez promis de ne plus vous énerver au volant, de ne plus consulter votre téléphone à table, de ne plus repousser vos dossiers au dernier moment. Et pourtant, le comportement revient, comme s'il avait sa propre volonté. La PNL propose une explication éclairante : ce comportement est produit par une partie de vous qui cherche à obtenir quelque chose d'important. Tant que ce besoin n'est pas satisfait autrement, le comportement persiste. Le recadrage en six étapes est une technique conçue précisément pour cela : trouver, avec l'accord de cette partie, de nouvelles façons de répondre au même besoin.
D'où vient cette technique ?
Le recadrage en six étapes a été développé par Richard Bandler et John Grinder, les fondateurs de la PNL, et présenté notamment dans leur livre Le Recadrage, publié au début des années 1980. C'est aujourd'hui l'une des techniques les plus classiques de la PNL, enseignée dans la plupart des formations.
Elle repose sur deux principes fondamentaux :
- chaque comportement a une intention positive : même un comportement que l'on veut changer cherche à nous apporter quelque chose de bon. Lisez notre article sur l'intention positive ;
- nous sommes composés de différentes parties, chacune porteuse de besoins et de ressources. Découvrez cette idée dans notre article sur le conflit intérieur.
Le principe
Plutôt que de lutter contre un comportement, ce qui revient souvent à lutter contre une partie de soi, le recadrage en six étapes propose de coopérer avec elle. On reconnaît son intention positive, on l'aide à trouver de nouvelles façons d'y répondre, puis on vérifie que le changement convient à l'ensemble de la personne.
C'est une forme particulière de recadrage : on change le cadre dans lequel on regarde le comportement, en passant du jugement à la compréhension. Pour découvrir le recadrage en général, lisez notre article sur le recadrage.
Avant de commencer
Installez-vous dans un endroit calme, et prévoyez une vingtaine de minutes. Fermez les yeux si cela vous aide à vous tourner vers l'intérieur. L'exercice peut se faire seul ou accompagné. Il s'appuie beaucoup sur l'écoute de ses sensations intérieures : restez simplement curieux de ce qui se présente, sans chercher à tout contrôler.
Les six étapes
Étape 1 : identifier le comportement
Choisissez un comportement précis que vous aimeriez changer. Par exemple : « Je m'énerve contre les autres conducteurs dès que la circulation ralentit. »
Étape 2 : entrer en communication avec la partie responsable
Tournez-vous vers l'intérieur et posez intérieurement cette question : « La partie de moi qui produit ce comportement accepte-t-elle de communiquer avec moi ? »
Puis observez ce qui se passe : une sensation dans le corps, une chaleur, un picotement, une image, un son, un léger mouvement. Ce signal, souvent subtil, est la réponse de cette partie.
Pour vérifier qu'il s'agit d'un « oui », demandez : « Si c'est oui, peux-tu rendre ce signal plus fort ? » Et pour un « non » : « Peux-tu le rendre plus faible ? » Vous disposez ainsi d'un moyen simple de dialoguer avec cette partie. Remerciez-la pour sa coopération.
Apprendre à reconnaître ses signaux intérieurs est proche de ce que la PNL appelle la congruence. Lisez notre article sur la congruence.
Étape 3 : découvrir l'intention positive
Demandez à cette partie : « Qu'est-ce que tu cherches à m'apporter de positif avec ce comportement ? » Laissez la réponse venir, sous forme de mots, d'images ou de sensations.
Dans notre exemple, la partie pourrait répondre : « Je veux que tu sois respecté », ou « Je veux que tu arrives à l'heure », ou encore « Je veux évacuer la tension de la journée ».
Il n'est pas toujours nécessaire de connaître l'intention consciemment : il suffit que la partie, elle, la connaisse. Remerciez-la pour ce qu'elle essaie de faire pour vous.
Étape 4 : faire appel à la partie créative
Nous avons tous une partie créative, capable d'inventer des solutions. Pensez à des moments où vous avez été particulièrement inventif, et laissez cette partie se manifester.
Demandez-lui ensuite de proposer au moins trois nouvelles façons de répondre à la même intention positive, qui soient au moins aussi efficaces que l'ancien comportement, et plus satisfaisantes.
Dans notre exemple, cela pourrait être : partir dix minutes plus tôt, écouter un podcast captivant dans la voiture, faire quelques respirations lentes au feu rouge, ou se dire « Ce retard n'est pas contre moi ». Vous n'avez pas besoin de connaître consciemment toutes les options : l'important est que la partie créative les ait proposées.
Étape 5 : obtenir l'accord de la partie
Revenez vers la partie responsable du comportement et demandez-lui : « Acceptes-tu d'essayer ces nouvelles options, dans les situations où l'ancien comportement se produisait ? » Attendez le signal.
Si la réponse est oui, remerciez-la. Si la réponse est non ou hésitante, retournez à l'étape 4 et demandez à la partie créative de nouvelles options, jusqu'à obtenir un oui franc.
Étape 6 : vérifier l'écologie
Demandez enfin : « Y a-t-il une autre partie de moi qui s'oppose à ces nouvelles options ? » Observez s'il y a un signal.
Si aucune objection n'apparaît, le changement est écologique : il convient à l'ensemble de vous. Si une objection apparaît, revenez à l'étape 2 avec cette nouvelle partie, découvrez son intention, et cherchez des options qui satisfont aussi son besoin. Pour comprendre l'importance de cette étape, lisez notre article sur l'écologie en PNL.
Terminer par un pont vers le futur
Pour aider le changement à s'installer dans la vie réelle, imaginez-vous dans la prochaine situation où l'ancien comportement aurait pu apparaître, et voyez-vous utiliser naturellement l'une des nouvelles options. Lisez notre article sur le pont vers le futur.
Pour quels comportements l'utiliser ?
Le recadrage en six étapes convient à de nombreux comportements que l'on voudrait changer :
- s'énerver dans certaines situations ;
- consulter son téléphone de façon compulsive ;
- repousser toujours les mêmes tâches ;
- se ronger les ongles ;
- rester silencieux alors que l'on voudrait s'exprimer ;
- certaines habitudes liées au tabac, en complément d'un accompagnement. Lisez notre article pour arrêter de fumer avec la PNL.
Quelques conseils
- restez curieux et bienveillant envers la partie qui produit le comportement : elle cherche à vous aider ;
- acceptez des signaux subtils : ils sont souvent discrets au début ;
- ne forcez pas les réponses : laissez venir ce qui vient ;
- prenez votre temps à chaque étape ;
- répétez l'exercice si nécessaire ;
- faites-vous accompagner par un praticien pour des comportements installés depuis longtemps ou liés à une souffrance importante.
Changer avec soi, et non contre soi
Le recadrage en six étapes illustre parfaitement l'esprit de la PNL : plutôt que de combattre une partie de soi, on l'écoute, on reconnaît ce qu'elle cherche à faire pour nous, et on l'aide à trouver de meilleures façons d'y parvenir. Le changement devient alors une coopération intérieure, plus douce et plus durable. Et chaque comportement indésirable se révèle pour ce qu'il est souvent : une tentative maladroite de prendre soin de nous.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le recadrage en six étapes ?
C'est une technique de PNL qui consiste à entrer en contact avec la partie de soi responsable d'un comportement indésirable, à découvrir son intention positive, puis à l'aider à trouver de nouvelles façons, plus satisfaisantes, de répondre au même besoin.
Quelles sont les six étapes ?
Identifier le comportement, entrer en communication avec la partie responsable, découvrir son intention positive, faire appel à la partie créative pour trouver de nouvelles options, obtenir l'accord de la partie, puis vérifier qu'aucune autre partie ne s'y oppose.
Qui a créé le recadrage en six étapes ?
Il a été développé par Richard Bandler et John Grinder, les fondateurs de la PNL, et présenté notamment dans leur livre Le Recadrage, au début des années 1980.
Faut-il connaître consciemment l'intention positive ?
Pas nécessairement. L'important est que la partie responsable du comportement connaisse son intention et accepte de nouvelles options. Beaucoup de personnes découvrent toutefois l'intention au cours de l'exercice.
Cet article a une vocation informative et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.