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Les positions de perception en PNL : voir une situation sous trois angles

Publié le 27 septembre 2026

Femme changeant de chaise lors de l'exercice des trois positions de perception

Au milieu d'une dispute, tout paraît évident : vous avez raison, l'autre exagère. Puis, le lendemain, en racontant la scène à un ami, vous la voyez soudain différemment. Rien n'a changé dans les faits ; seul votre point de vue s'est déplacé. La PNL a formalisé ce phénomène sous le nom de positions de perception. L'idée est simple : on peut regarder une même situation depuis sa propre place, depuis celle de l'autre, ou depuis celle d'un observateur extérieur. Savoir passer volontairement de l'une à l'autre est l'une des compétences les plus utiles pour communiquer, désamorcer un conflit ou prendre une décision.

Que sont les positions de perception ?

Les positions de perception désignent les différents points de vue à partir desquels on peut vivre ou analyser une situation. Elles ont été décrites notamment par John Grinder, l'un des fondateurs de la PNL, et par Judith DeLozier, à la fin des années 1980.

Nous passons tous spontanément de l'une à l'autre, mais nous avons souvent une position « préférée », dans laquelle nous restons parfois coincés. Or chacune apporte des informations différentes, et c'est leur combinaison qui donne une vision complète.

Les trois positions de perception

La première position : moi

C'est votre propre point de vue : vous voyez avec vos yeux, entendez avec vos oreilles, ressentez vos émotions et pensez à vos besoins. En première position, on dit « je ».

Ses forces : savoir ce que l'on veut, défendre ses intérêts, s'affirmer.

Son excès : ne voir que son propre point de vue, au risque de paraître égocentrique ou de ne pas comprendre les réactions des autres.

La deuxième position : l'autre

C'est le point de vue de votre interlocuteur. Vous vous mettez littéralement à sa place : vous imaginez ce qu'il voit, ce qu'il entend, ce qu'il ressent, avec son histoire et ses contraintes. En deuxième position, on dit toujours « je », mais en parlant comme l'autre.

Ses forces : l'empathie, la compréhension, la capacité à anticiper les réactions.

Son excès : s'oublier soi-même, tout faire pour satisfaire les autres et avoir du mal à poser ses limites. Si vous vous reconnaissez ici, notre article pour dire non sans culpabiliser pourrait vous aider.

La troisième position : l'observateur

C'est le point de vue d'un témoin neutre, qui regarderait la scène de l'extérieur, comme un film, ou comme une petite souris cachée dans un coin de la pièce. Vous voyez à la fois vous-même et l'autre, sans être pris dans les émotions de l'un ou de l'autre. En troisième position, on parle de « lui » et d'« elle ».

Ses forces : le recul, l'objectivité, la capacité à repérer les dynamiques et les solutions.

Son excès : rester dans l'analyse froide, se couper de ses émotions et paraître distant.

Et une quatrième position ?

Certains auteurs ajoutent une quatrième position : celle du système, ou du « nous ». Elle consiste à considérer ce qui est bon pour la relation, l'équipe ou la famille dans son ensemble, au-delà des intérêts de chacun.

Ce que dit la psychologie

Les recherches en psychologie confirment l'intérêt de changer de point de vue. Le psychologue Ethan Kross, de l'université du Michigan, a montré que revivre une expérience douloureuse « de l'extérieur », comme un observateur, réduit la détresse émotionnelle par rapport au fait de la revivre de l'intérieur.

Avec son collègue Igor Grossmann, il a également mis en évidence un phénomène étonnant : nous raisonnons plus sagement sur les problèmes des autres que sur les nôtres. Les deux chercheurs l'ont baptisé le paradoxe de Salomon, du nom du roi réputé pour sa sagesse… et pour ses mauvaises décisions personnelles. Adopter une position extérieure sur sa propre situation permet de retrouver cette sagesse.

L'exercice des trois chaises

C'est l'exercice le plus connu pour pratiquer les positions de perception. Robert Dilts en a proposé une version élaborée, appelée méta-miroir. Il est particulièrement utile pour préparer une conversation difficile ou comprendre un conflit. Installez trois chaises : deux face à face, et une troisième un peu à l'écart, d'où l'on voit les deux autres.

  1. Choisissez une situation : un désaccord avec votre conjoint, une tension avec un collègue, une discussion que vous redoutez.
  2. Asseyez-vous sur la première chaise, la vôtre. Imaginez l'autre en face de vous. Exprimez à voix haute ce que vous ressentez, ce que vous voulez, ce qui vous dérange.
  3. Levez-vous et secouez-vous un peu pour sortir de cet état.
  4. Asseyez-vous sur la deuxième chaise, celle de l'autre. Prenez sa posture, sa façon de parler, et regardez la chaise où vous étiez assis. Parlez comme si vous étiez lui : que ressent-il ? Que veut-il ? Comment vous perçoit-il ?
  5. Levez-vous de nouveau, puis asseyez-vous sur la troisième chaise, celle de l'observateur. Regardez les deux chaises comme si vous observiez deux inconnus. Que remarquez-vous ? Qu'est-ce qui bloque entre eux ? Quel conseil donneriez-vous à la personne de la première chaise ?
  6. Revenez sur la première chaise avec ce conseil et tout ce que vous avez compris. Qu'est-ce qui a changé dans votre façon de voir la situation ? Que pouvez-vous faire, maintenant ?

Beaucoup de personnes sont surprises par ce qu'elles découvrent en deuxième position : une peur, un besoin ou une maladresse de l'autre qu'elles n'avaient pas perçus jusque-là.

Utiliser les positions de perception au quotidien

Pas besoin de chaises pour en profiter : quelques secondes de réflexion suffisent souvent.

  • Dans un conflit : avant de répondre sous le coup de l'émotion, passez un instant en troisième position. Notre article pour gérer sa colère propose d'autres méthodes pour ne pas exploser.
  • Avant une conversation difficile : préparez-la en deuxième position. Comment l'autre risque-t-il de recevoir votre message ? Quels mots l'aideront à l'entendre ?
  • Dans le couple : quand vous avez l'impression de tourner en rond, essayez de raconter la dispute du point de vue de votre partenaire. Notre article sur les relations saines propose d'autres clés pour mieux communiquer.
  • Face à une décision : imaginez que votre meilleur ami vit exactement la même situation. Que lui conseilleriez-vous ?
  • Quand les pensées tournent en boucle : regarder la situation de l'extérieur, voire vous parler à la troisième personne, aide à prendre de la distance, comme nous l'expliquons dans notre article pour arrêter de ruminer.

Trouver le bon équilibre

Aucune position n'est meilleure que les autres. Chacune a sa place : la première pour savoir ce que l'on veut, la deuxième pour comprendre l'autre, la troisième pour prendre du recul. Les difficultés apparaissent surtout quand on reste bloqué dans l'une d'elles. Quelques signes peuvent vous alerter :

  • vous ne comprenez jamais les réactions des autres : vous restez probablement trop en première position ;
  • vous faites passer tout le monde avant vous et vous vous épuisez : vous êtes sans doute trop souvent en deuxième position ;
  • on vous reproche d'être froid ou distant, même dans les moments chargés d'émotion : vous vous réfugiez peut-être trop en troisième position.

L'objectif est de pouvoir circuler librement entre les trois.

Changer de place pour mieux voir

Les positions de perception reposent sur une idée simple et puissante : on ne voit jamais une situation tout entière depuis un seul endroit. En apprenant à passer de votre point de vue à celui de l'autre, puis à celui d'un observateur, vous gagnez en compréhension, en empathie et en recul. La prochaine fois qu'une discussion se tend, prenez une seconde pour vous demander : « Comment l'autre voit-il la scène ? Et qu'en penserait quelqu'un qui nous regarde ? » Ces deux questions suffisent souvent à changer le cours d'une conversation.

Questions fréquentes sur les positions de perception

Quelles sont les trois positions de perception en PNL ?

La première position correspond à votre propre point de vue, la deuxième à celui de l'autre personne, et la troisième à celui d'un observateur neutre qui regarde la situation de l'extérieur.

Qu'est-ce que le méta-miroir ?

C'est un exercice développé par Robert Dilts, qui utilise les positions de perception pour mieux comprendre une relation difficile. On passe successivement par sa propre position, celle de l'autre et celle d'un observateur, afin de trouver de nouvelles façons d'agir.

La deuxième position, est-ce de l'empathie ?

Elle en est très proche. La deuxième position consiste à se mettre à la place de l'autre de façon active et détaillée : adopter mentalement sa posture, ses mots, son histoire. C'est une manière concrète de développer son empathie.

La troisième position rend-elle insensible ?

Non, à condition de ne pas s'y enfermer. Elle permet de prendre du recul au moment où les émotions empêchent de réfléchir, puis de revenir à sa propre position avec un regard plus clair.

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

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